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Category: Actualité & Hydrogène

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Pourquoi choisir une voiture à hydrogène ? Avantages, inconvénients et usages concrets

Face aux enjeux climatiques et à la transition énergétique, les véhicules à hydrogène se positionnent comme une alternative innovante aux voitures thermiques et aux véhicules électriques à batterie. Si ces derniers sont parfaitement adaptés aux véhicules légers personnels et aux trajets courts, la voiture à hydrogène répond à des besoins spécifiques grâce à sa grande autonomie, son temps de recharge rapide et sa capacité à embarquer des charges lourdes.

Dans cet article, nous allons explorer les avantages et inconvénients de la voiture à hydrogène, ainsi que les cas d’usage concrets où elle trouve toute sa pertinence.

Une nécessité face à l’urgence climatique

Le secteur des transports est le premier émetteur de gaz à effet de serre en Europe, représentant environ 30 % des émissions de CO₂. Malgré les efforts de réduction dans d’autres secteurs (industrie, énergie), les émissions liées aux transports, elles, continuent d’augmenter sous l’effet de la croissance du trafic routier et aérien.

Pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, il est impératif de décarboner ce secteur rapidement.

 

Les experts du climat et de l’énergie s’accordent sur un point : la transition vers une mobilité verte passera nécessairement par l’électrification.

  • Le rapport Draghi, publié en septembre 2024, souligne l’importance cruciale de la décarbonation pour renforcer la compétitivité de l’économie européenne. L’hydrogène est identifié comme une solution clé pour les secteurs difficiles à décarboner, tels que le transport lourd, l’acier et la chimie.
  • L’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) recommande un déploiement massif des véhicules électriques et à hydrogène pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

La Commission Européenne impose la fin des ventes de voitures thermiques neuves dès 2035, accélérant la transition vers des motorisations électriques et hydrogène.

Pourquoi l’hydrogène a-t-il un rôle clé ?

L’électrification repose sur deux technologies complémentaires :

  • Les véhicules électriques à batterie, adaptés aux voitures légères et trajets courts.
  • Les véhicules à hydrogène, plus adaptés aux usages intensifs (taxis, flottes professionnelles, services publics) et aux longues distances.

La voiture à hydrogène ne produit aucune émission de CO₂ lors de son utilisation et se recharge aussi rapidement qu’un véhicule thermique, tout en offrant une autonomie supérieure aux véhicules électriques classiques.

Dans un monde où la transition énergétique est une priorité, l’hydrogène se positionne comme une alternative incontournable pour certains usages.

Les avantages des voitures à hydrogène

Les véhicules à hydrogène disposent de nombreux atouts qui les différencient des voitures thermiques et des véhicules électriques à batterie. Ces avantages concernent autant les entreprises et collectivités, que les conducteurs et les riverains.

Pour les entreprises et collectivités : efficacité et réduction de l’empreinte carbone

  1. Charge utile optimisée : Les voitures à hydrogène nécessitent une batterie plus petite, libérant ainsi plus d’espace et réduisant le poids total du véhicule, ce qui est essentiel pour les flottes de taxis, de transport de marchandises ou de matériaux.
  2. Productivité et disponibilité accrues : Avec une recharge en moins de 5 minutes, une voiture à hydrogène reste disponible en permanence, contrairement aux véhicules électriques qui doivent être immobilisés plusieurs heures pour se recharger.
  3. Gain d’espace au sol : Contrairement aux véhicules électriques qui nécessitent un grand nombre de bornes de recharge, l’hydrogène permet de réduire l’encombrement des infrastructures grâce à la rapidité du plein.
  4. Réduction de l’empreinte carbone : Lors de leur utilisation, les véhicules à hydrogène n’émettent que de la vapeur d’eau.

Pour les conducteurs : une autonomie et un confort incomparables

  1. Autonomie étendue : Les voitures à hydrogène peuvent rouler jusqu’à 1 000 km avec un plein, contrairement aux véhicules électriques qui nécessitent des recharges plus fréquentes.
  2. Recharge rapide : Faire le plein prend moins de 5 minutes, offrant une disponibilité immédiate, un atout essentiel pour les professionnels.
  3. Confort de conduite : Comme les véhicules électriques, les voitures à hydrogène sont silencieuses et sans vibrations, offrant une expérience de conduite fluide et agréable, notamment sur les longs trajets.

Pour les riverains : un impact positif sur l’environnement urbain

  1. Stabilité des réseaux électriques : Contrairement aux voitures électriques qui peuvent surcharger le réseau aux heures de pointe, l’hydrogène peut être produit en dehors des pics de consommation, évitant ainsi les tensions sur le réseau.
  2. Réduction du bruit : Comme les voitures électriques, les voitures à hydrogène sont très silencieuses, contribuant à diminuer la pollution sonore en ville.
  3. Amélioration de la qualité de l’air : Avec zéro émission de CO₂ et de particules fines, elles permettent de lutter contre la pollution atmosphérique, comme pour les voitures électriques, un enjeu clé pour la santé publique.

Les usages concrets des voitures à hydrogène

Bien que la voiture à hydrogène ne soit pas adaptée à tous les usages, elle trouve une légitimité dans plusieurs secteurs où l’autonomie, la charge transportée et la rapidité de recharge sont essentielles.

Taxis et VTC : disponibilité maximale et réduction des émissions

Exemple : Hype et Hysetco, la flotte de taxis à hydrogène à Paris

  • 1 000 taxis à hydrogène circulaient à Paris à la fin 2024, 500 d’entre eux ayant été déployés à l’occasion des Jeux Olympiques 2024.
  • Un réseau de stations hydrogène permet de mailler la Région Parisienne pour assurer leur ravitaillement.
  • Pourquoi l’hydrogène ? Une recharge rapide et une autonomie permettant d’optimiser les courses des taxis sans interruption.

Trajets longue distance et Zones Rurales : mailler les corridors européens et répondre aux défis topographiques et météorologiques

Exemple : le projet Zero Emission Valley en Auvergne-Rhône-Alpes

  • Déploiement de stations hydrogène le long des grands axes routiers, dans les zones rurales et montagneuses.
  • Pourquoi l’hydrogène ? Ces facteurs influencent notamment l’autonomie, la consommation d’énergie et la fiabilité des véhicules électriques.

Flottes d’entreprises et collectivités : allier transition écologique et performance

Exemple : Le projet Arv’Hy, piloté par Atawey et ses partenaires, vise à décarboner la mobilité dans la vallée de l’Arve, l’une des vallées les plus polluées du territoire français.

  • Il prévoit le déploiement de véhicules à hydrogène (notamment grâce à des offres de location et d’achat pour les collectivités et entreprises locales), ainsi que la construction d’une station de recharge hydrogène à Vougy.
  • Ce projet s’adresse à des trajets longue distance et réguliers dans un environnement montagneux, où l’autonomie des véhicules est nécessaire.
  • L’hydrogène y apparaît comme une solution adaptée au contexte géographique, complémentaire aux mobilités électriques et aux transports collectifs.

Limites et complémentarité avec les véhicules électriques

Malgré ces bénéfices indéniables, plusieurs freins ralentissent encore l’adoption des voitures hydrogène, dont certains seront levés avec l’industrialisation et l’essor de l’hydrogène vert et bas carbone.

Les limites actuelles de la voiture à hydrogène

  1. Un prix d’achat encore élevé

Aujourd’hui, les voitures à hydrogène sont significativement plus chères que leurs équivalents électriques à batterie ou thermiques.

Ce coût élevé s’explique par la faible production industrielle.

  1. Un coût d’exploitation à surveiller

Le prix au kilomètre d’une voiture à hydrogène dépend du coût de l’hydrogène.

Aujourd’hui, un plein d’hydrogène reste plus cher que la recharge d’un véhicule électrique, mais compétitif face à l’essence ou au diesel.

  1. Infrastructure encore limitée

Contrairement aux bornes de recharge électrique, largement déployées, les réseaux de stations hydrogène sont encore en cours de déploiement. Cela s’explique notamment par le fait que plus d’une décennie sépare l’essor de ces deux technologies.

  1. Production d’hydrogène encore en transition

Une partie de l’hydrogène utilisé provient encore du reformage du gaz naturel, un procédé polluant.

Le développement de l’hydrogène vert, produit à partir d’énergies renouvelables, est en cours, mais représente une minorité de la production mondiale aujourd’hui.

L’objectif de massification de l’hydrogène vert et décarboné est essentiel pour rendre cette technologie compétitive et bas carbone.

Hydrogène et électrique : un duo gagnant pour la planète

Il est à noter que véhicules électriques et véhicules hydrogène ne s’opposent pas mais sont complémentaires, car ils répondent chacun à des besoins spécifiques :

  • Voitures électriques à batterie : idéales pour les trajets courts, le quotidien urbain et les véhicules personnels, avec une recharge à domicile ou sur des bornes publiques.
  • Voitures à hydrogène : plus adaptées aux taxis, flottes professionnelles, services publics et trajets longue distance, grâce à leur autonomie et leur recharge rapide.

En conclusion, les voitures à hydrogène constituent une solution de mobilité propre et performante, particulièrement adaptée aux usages intensifs et longue distance. Elles offrent une autonomie élevée, une recharge rapide et une empreinte carbone réduite, tout en étant complémentaires aux véhicules électriques à batterie.

  • L’électrique est idéal pour les véhicules légers et les trajets courts.
    L’hydrogène est la meilleure alternative pour les professionnels et les usages nécessitant une disponibilité maximale.

Avec l’expansion des infrastructures de recharge et le développement de l’hydrogène vert et bas carbone, cette technologie gagne en performance pour répondre au plus près des besoins des utilisateurs.

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Mobilité verte : Le rôle de l’hydrogène dans la transition technologique

Face à l’urgence climatique, la mobilité verte s’impose comme un levier essentiel pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Aujourd’hui, les transports représentent environ 21 % des émissions mondiales de CO₂ (31% des émissions europénnes)[1], principalement en raison de leur dépendance aux énergies fossiles. La transition vers une mobilité bas carbone repose sur plusieurs solutions : la sobriété énergétique, la transition technologique (électrique et hydrogène) et l’utilisation des énergies renouvelables.

Si la mobilité électrique est idéale pour les trajets courts et urbains, la mobilité hydrogène constitue une alternative pertinente pour les usages intensifs. Mais avant de se pencher sur ces technologies, il est essentiel d’aborder un élément clé de la transition : la sobriété énergétique

La sobriété énergétique : un pilier de la mobilité verte

La décarbonation des transports ne peut reposer uniquement sur l’innovation technologique. L’adoption d’une mobilité plus sobre est un enjeu majeur pour limiter l’empreinte carbone globale.

Qu’est-ce que la sobriété énergétique ?

La sobriété énergétique vise à réduire la consommation d’énergie en optimisant les usages et en modifiant les comportements. Dans le domaine des transports, cela se traduit par :

  • Le développement des mobilités douces (marche, vélo, trottinettes) pour les trajets courts.
  • L’essor des transports en commun pour réduire l’utilisation des voitures individuelles.
  • Le covoiturage et l’autopartage pour maximiser l’utilisation des véhicules existants.
  • L’urbanisme repensé pour limiter les déplacements inutiles (concept de la ville du quart d’heure, télétravail, etc.).

Sobriété et véhicules décarbonés : un duo gagnant

Si la mobilité décarbonée repose sur l’électrique et l’hydrogène, elle ne doit pas pour autant inciter à une surconsommation énergétique. Un véhicule, même propre, nécessite des ressources pour sa fabrication (métaux rares, batterie, hydrogène). L’enjeu est donc double : réduire les usages superflus et décarboner les véhicules.

Mobilité électrique et hydrogène : deux solutions complémentaires

Plutôt que d’opposer mobilité électrique et mobilité hydrogène, il est essentiel de comprendre leurs spécificités, et donc leur complémentarité.

  • La mobilité électrique (batteries lithium-ion) est idéale pour les véhicules légers personnels et les trajets courts, notamment en ville.
  • La mobilité hydrogène, quant à elle, répond mieux aux besoins intensifs industriels et professionnels : camions, trains, bateaux, autocars ou encore logistique lourde.

Autre enjeu clé : l’impact sur le réseau électrique. Une généralisation des voitures électriques entraînerait une demande accrue d’électricité, ce qui pourrait saturer les infrastructures existantes. L’hydrogène permet de répartir la charge énergétique, notamment grâce au power-to-gas, une technologie qui transforme l’électricité excédentaire issue des énergies intermittentes en hydrogène pour un usage ultérieur. Un avantage clé pour la mobilité verte, puisque les énergies renouvelables (solaire, éolien, etc.) sont, par nature, intermittentes.

La mobilité électrique : une solution pour le quotidien des particuliers

Les véhicules électriques à batterie (BEV) sont aujourd’hui la solution la plus répandue pour réduire les émissions de CO₂ des transports individuels. Ils sont idéaux pour les trajets maison-travail.

✅ Avantages des véhicules électriques :

  • Meilleur rendement énergétique : environ 80 % de l’électricité est convertie en énergie motrice (contre 30 % pour un moteur hydrogène).
  • Technologies avancées : une offre de véhicules qui s’est bien développée ces dernières années.
  • Recharge facilitée : possibilité de recharger à domicile ou sur des bornes publiques.

 

❌ Limites des véhicules électriques :

  • Temps de recharge : une charge complète prend plusieurs heures, même sur des bornes rapides.

Dépendance au réseau électrique : une adoption massive des BEV peut exercer une pression importante sur les infrastructures énergétiques.

La mobilité hydrogène : pour les usages intensifs

Contrairement aux véhicules électriques à batterie, les véhicules à hydrogène (FCEV) utilisent une pile à combustible qui transforme l’hydrogène en électricité. Cette technologie est particulièrement adaptée aux usages intensifs, à la mobilité lourde, et aux longues distances (poids lourds, flottes professionnelles de type taxis).

✅Avantages des véhicules hydrogène :

  • Recharge rapide : un plein d’hydrogène se fait en moins de 5 minutes, contre plusieurs heures pour un véhicule électrique léger.
  • Autonomie élevée : les poids lourds et bus à hydrogène peuvent parcourir 600 à 800 km sans recharge.
  • Charge utile : l’hydrogène nécessite une batterie plus petite que les véhicules électriques, laissant ainsi plus d’espace et de poids pour le transport de passagers ou de marchandises / déchets.
  • Soulagement du réseau électrique : contrairement aux batteries, l’hydrogène peut être produit et stocké indépendamment du réseau électrique.

❌ Limites des véhicules hydrogène :

  • Coût de production élevé : l’hydrogène vert reste plus cher que l’électricité issue des énergies renouvelables.
  • Maturité technologique : la technologie étant plus récente que pour les véhicules à batterie, l’offre de véhicules est plus restreinte et le réseau de stations hydrogène est en développement.

Les usages intensifs de l’hydrogène se répartissent en trois catégories :

Transports routiers et urbains

L’hydrogène est une alternative idéale pour les véhicules lourds, notamment ceux ayant des usages captifs (flottes dédiées opérant dans des zones spécifiques) ou des usages de transit (transport longue distance et fret).

  • Transports de personnes : taxis, bus urbains et interurbains.
  • Transports de déchets : bennes à ordures ménagères (BOM).
  • Transports routiers : camions de fret longue distance, autocars.

 

Engins spécialisés

L’hydrogène se prête aussi aux véhicules utilisés en continu et/ou avec des enjeux de charge lourde en milieu industriel ou sur des sites isolés.

  • Engins de manutention : chariots élévateurs, équipements logistiques en entrepôt…
  • Engins de chantier : pelleteuses, bulldozers, grues, camions de mine…

Transports ferroviaires, maritimes et aériens

L’hydrogène est particulièrement prometteur pour des moyens de transport non électrifiés.

  • Trains : particulièrement utile pour les lignes non électrifiées où les locomotives diesel sont encore utilisées.
  • Bateaux : ferries, porte-conteneurs à hydrogène.
  • Aviation : développement de l’aviation à hydrogène pour les courts et moyens courriers.

Grâce à son autonomie élevée et son temps de ravitaillement rapide, l’hydrogène permet d’assurer une continuité de service indispensable aux professionnels du transport et de la logistique.

Zoom sur les différences entre un véhicule électrique et un véhicule hydrogène

Critère

Véhicule électrique à batterie

Véhicule à hydrogène

Source d’énergie

Batterie lithium-ion

Pile à combustible (hydrogène)

Rendement énergétique

~80 %

~30 % (pertes lors de la production et conversion)

Temps de recharge

30 min à plusieurs heures

~ 5 minutes (véhicules légers)

~ 20 minutes (véhicules lourds)

Autonomie moyenne

300 – 500 km

600 – 800 km

Émissions locales

Aucune

Aucune (seulement de la vapeur d’eau)

Infrastructures

Bornes de recharge nombreuses

Stations hydrogène limitées

Usages pertinents

Trajets courts et quotidiens

Usages intensifs et longues distances

Données 2024

Ces différences montrent que ces deux solutions ne s’opposent pas mais sont complémentaires, répondant à des besoins spécifiques.

De plus, les conditions climatiques et topographiques ont un impact significatif sur la performance et l’efficacité des véhicules électriques (BEV) et des véhicules à hydrogène (FCEV). Ces facteurs influencent notamment l’autonomie, la consommation d’énergie et la fiabilité des deux technologies.

 

Par exemple, à des températures proches de 0°C, les batteries lithium-ion perdent jusqu’à 20-40 % d’autonomie, principalement à cause de :

    • La diminution de l’efficacité chimique des cellules de batterie.
    • La consommation d’énergie supplémentaire pour le chauffage de l’habitacle.
    • Une recharge plus lente en raison de la viscosité accrue des électrolytes dans la batterie.

Les piles à combustible sont, quant à elles, moins sensibles au froid, car leur fonctionnement repose sur une réaction chimique (hydrogène + oxygène), qui produit de la chaleur en fonctionnement. Le ravitaillement reste rapide même par temps froid, contrairement aux batteries qui prennent plus de temps à charger. Cependant, l’eau générée par la pile à combustible peut geler dans des conditions extrêmes, nécessitant des systèmes de gestion thermique adaptés.

 

De plus, en cas de forte chaleur (+35°C), les batteries peuvent surchauffer, réduisant leur efficacité et accélérant leur vieillissement. Des systèmes de refroidissement actifs sont nécessaires, ce qui consomme de l’énergie et réduit l’autonomie.


Enfin, les piles à combustible gèrent mieux la chaleur grâce à un système de refroidissement liquide. Cependant, la compression et le stockage de l’hydrogène peuvent être impactés par des températures extrêmes, nécessitant des infrastructures adaptées.

Les défis du développement de la mobilité hydrogène

Le coût de production et l’industrialisation

L’hydrogène vert, bien que prometteur, est encore coûteux à produire. Toutefois, l’investissement massif des gouvernements et des industriels vise à réduire son coût dans les prochaines années, grâce au développement technologiques conjugués au passage à l’échelle.

L’infrastructure de ravitaillement

Le réseau de stations hydrogène est un réseau en construction. En France, 80 stations étaient en service à la fin 2024 et 90 autres étaient en projet.

La question du rendement énergétique

L’hydrogène a un rendement inférieur à celui des batteries électriques (30 % contre 80 %), ce qui signifie que plus d’énergie est nécessaire pour produire et utiliser l’hydrogène. Son atout principal réside dans sa capacité à stocker et transporter l’énergie sur de longues distances.

Perspectives et avenir de la mobilité hydrogène

Avec l’augmentation de la production d’hydrogène vert et le développement des infrastructures, l’hydrogène est amené à jouer un rôle clé dans la mobilité bas carbone. Pour favoriser son adoption, la filière a besoin :

  • D’un cadre réglementaire clair et des politiques incitatives pour encourager son adoption dans les transports.
  • Des investissements massifs pour réduire les coûts de production.
  • D’industrialiser sa chaîne de valeur hydrogène pour démocratiser ses usages.

En conclusion, la transition vers une mobilité verte repose sur trois piliers :

  • La sobriété énergétique pour réduire les déplacements inutiles et privilégier les mobilités douces.
  • L’électrification des transports pour limiter l’usage des énergies fossiles.
  • L’essor de l’hydrogène pour les usages intensifs et industriels.

Plutôt que de choisir entre mobilité électrique et mobilité hydrogène, il est essentiel d’adopter une approche mixte qui s’adapte aux besoins spécifiques. En combinant sobriété, électrification et hydrogène, nous pourrons bâtir un système de transport véritablement décarboné.

[1] Source AIE (2022)

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Les dessous de la pompe à Hydrogène : Plongée au Cœur d’une Révolution Technologique

L’hydrogène s’impose progressivement comme une solution clé pour la décarbonation des transports. Derrière son apparente simplicité se cache une technologie avancée, impliquant un ensemble de processus sophistiqués allant de la production à la distribution. Chaque kilogramme d’hydrogène destiné aux véhicules est soumis à des protocoles de régulation stricts, garantissant un ravitaillement sécurisé, fiable et efficace.

Compression, stockage, refroidissement et distribution sont autant d’étapes qui requièrent une maîtrise approfondie de la physique des gaz, des matériaux et des infrastructures énergétiques. Cet article explore en détail les dessous de la pompe à hydrogène : ses technologies, qui rendent l’hydrogène accessible à grande échelle et assurent son développement durable.

Une Expérience Simplifiée, une Infrastructure Complexe

Pour les conducteurs de véhicules à hydrogène, le ravitaillement semble aussi simple que pour un véhicule thermique : il suffit de connecter le pistolet de recharge, d’appuyer sur un bouton et d’attendre quelques minutes que le réservoir se remplisse. Pourtant, derrière cette facilité d’usage se cache une infrastructure hautement technologique, capable de gérer des contraintes physiques et chimiques complexes.

Une station-service hydrogène ne se limite pas à distribuer du carburant ; elle doit surveiller en temps réel la pression et la température du gaz, garantir un remplissage homogène et sécurisé, et évoluer pour répondre à la demande croissante. Ce système repose sur plusieurs étapes essentielles : l’approvisionnement en hydrogène, sa compression, son stockage et sa distribution.

L’Approvisionnement en Hydrogène : Entre Production et Logistique

Avant d’être injecté dans une pompe hydrogène, l’hydrogène doit être produit, transporté et stocké. L’approvisionnement des stations varie en fonction de la localisation, de la demande locale et des infrastructures existantes.

La Production sur Site : Vers une Station-Service Hydrogène Autonome

Certaines stations sont alimentées par d’électrolyseur qui génère de l’hydrogène directement sur place à partir d’électricité et d’eau. Cette méthode offre plusieurs avantages : elle réduit les émissions carbone en supprimant le transport de l’hydrogène, permet un contrôle strict sur la qualité du gaz et favorise l’indépendance énergétique. Toutefois, elle implique des infrastructures conséquentes et peut constituer un frein compte-tenu de son empreinte au sol.

Les Tube-Trailers : Une Solution Flexible

Lorsque la production sur site n’est pas envisageable, l’hydrogène est acheminé via des camions spécialisés, appelés tube-trailers, qui transportent le gaz sous haute pression. Cette solution permet une grande flexibilité, notamment pour les stations éloignées des sites de production. Elle est évolutive, adaptable à la demande locale et ne requiert pas d’investissements structurels majeurs. Cependant, elle entraîne des coûts de transport élevés et une empreinte carbone plus importante, en particulier lorsque l’hydrogène est produit à grande distance.

Les Pipelines : Une Solution pour les pays avec un réseau gazier très développé

Dans les zones où la consommation est élevée, les stations peuvent être connectées directement à un réseau de pipelines transportant l’hydrogène depuis un site de production centralisé. Cette option garantit un approvisionnement continu et réduit les coûts d’exploitation sur le long terme. Cependant, son déploiement nécessite des investissements de départ significatifs et dépend fortement des politiques publiques en matière d’hydrogène.

Optimisation des Réseaux : Entre Stations de Production et Stations Satellites

L’optimisation du réseau de stations hydrogène repose sur une combinaison intelligente entre stations centralisant production et distribution et stations satellites situées dans un périmètre proche. Un électrolyseur peut ainsi alimenter plusieurs stations secondaires, ce qui réduit les coûts d’équipement et de maintenance tout en minimisant l’empreinte carbone liée au transport du gaz. Cette approche permet également d’adapter l’infrastructure à l’évolution de la demande et d’améliorer la rentabilité des stations sur le long terme.

Compression et Stockage : La Pression sous Contrôle

Une fois livré à la station, l’hydrogène doit être compressé et stocké sous des conditions optimales pour garantir une distribution efficace. Contrairement aux carburants liquides, ce gaz léger et volatil doit être stocké sous haute pression pour permettre une distribution rapide et en grande quantité, celle-ci pouvant atteindre 1000 bar.

La Compression Haute Pression : Optimisation de la montée en pression

L’hydrogène arrive généralement à basse pression (entre 30 et 200 bar) et doit être compressé progressivement grâce à des équipements spécialisés. Cette opération repose sur des compresseurs haute performance capables de minimiser les consommations énergétiques, des systèmes de refroidissement pour éviter l’échauffement excessif du gaz et des capteurs de surveillance en temps réel pour garantir un processus sûr et efficace.

Le Stockage en Cascade : Sécurité et Efficacité

Les stations-service hydrogène adoptent un stockage en cascade, où l’hydrogène est réparti entre plusieurs réservoirs de pressions différentes. Cette architecture optimise le rendement énergétique et assure la disponibilité de l’hydrogène sous pression.

Distribution : Un Remplissage Sécurisé et Normalisé

Le transfert de l’hydrogène du stockage au véhicule nécessite une conformité stricte aux normes de remplissage.

Les Normes de Remplissage : Assurer l’Interopérabilité

Pour assurer un ravitaillement sécurisé et homogène, les stations-service hydrogène doivent se conformer à des standards internationaux stricts. Parmi eux, la norme SAE J2601 définit précisément les protocoles de remplissage pour différentes catégories de véhicules, qu’il s’agisse de voitures, de bus ou de camions. Parallèlement, des réglementations telles que la norme ISO 14687 établissent des exigences sur la qualité du carburant et les critères de sécurité des infrastructures.

L’un des enjeux majeurs de ces standards est l’interopérabilité, c’est-à-dire la capacité des équipements à fonctionner ensemble, indépendamment de leur fabricant ou de leur conception. Appliquée aux stations hydrogène, cette interopérabilité garantit que chaque pompe puisse alimenter tout type de véhicule, quelle que soit sa marque ou son modèle. Cela repose sur l’adoption de protocoles communs comme la norme SAE J2601, qui uniformise le processus de ravitaillement et permet un usage fluide et sécurisé dans toutes les stations du monde.

En réduisant les barrières techniques et en favorisant une standardisation globale, l’interopérabilité joue un rôle clé dans le développement de l’hydrogène, facilitant ainsi son adoption à grande échelle.

Un Remplissage Intelligent et Efficace

Les stations intègrent des systèmes intelligents qui ajustent dynamiquement la pression selon le véhicule, intègrent un refroidissement avancé pour limiter l’échauffement du gaz et détectent automatiquement les anomalies pour une sécurité maximale. Grâce à ces innovations, un véhicule léger peut faire le plein en seulement 3 à 5 minutes, une performance comparable aux pleins des carburants traditionnels.

Métrologie et Réglementations : Démocratiser la mobilité hydrogène

Contrairement aux carburants classiques vendus au litre, l’hydrogène est facturé au kilogramme, mais dans les deux cas ils sont soumis à des exigences strictes en matière de mesure et de facturation.

Mesure de l’Hydrogène : Précision et Conformité

Les équipements de mesure doivent se conformer à des normes rigoureuses, notamment la norme OIML R 139, qui garantit la précision des compteurs massiques, et la directive MID (Measuring Instruments Directive) en Europe, qui encadre la régulation des dispositifs de mesure. Ces équipements sont soumis à des calibrations régulières afin d’éviter toute dérive pouvant fausser la facturation.

Des Normes Strictes pour les Infrastructures

Les stations doivent également répondre à des réglementations précises en matière d’infrastructure et de sécurité. La réglementation européenne AFIR (Alternative Fuels Infrastructure Regulation) impose par exemple un maillage des stations tous les 200 km sur les principaux axes des pays membres.

En conclusion, bien plus qu’une simple alternative énergétique, l’hydrogène est en train de transformer l’industrie des transports grâce à des avancées technologiques majeures. Derrière la simplicité d’un plein se cache un écosystème sophistiqué où chaque pompe à hydrogène repose sur des technologies de compression, de stockage et de distribution de pointe. Encadré par des normes strictes et des infrastructures en constante évolution, ce système garantit un ravitaillement sécurisé, rapide et efficace. Le déploiement des stations hydrogène et l’amélioration continue des équipements permettent de répondre aux exigences croissantes de la mobilité durable. Grâce à des innovations en matière de gestion de la pression, de refroidissement et de surveillance en temps réel, la technologie progresse vers une efficacité optimale. L’hydrogène s’impose ainsi comme un levier clé de la transition énergétique, offrant une alternative propre et performante aux carburants fossiles.

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Cap sur l’avenir : les cars et bus hydrogène en première ligne

Face aux défis liés à la décarbonation des transports, la sobriété et la transition technologique s’imposent comme des priorités dans les politiques de mobilité des villes et des collectivités. Ainsi, la nécessité d’encourager une utilisation récurrente des transports en commun et de réduire les émissions de NOx (oxydes d’azote émises par la combustion des carburants fossiles), redéfinissent les solutions de déplacement durables. Parmi ces dernières, les cars et bus hydrogène se présentent, pour conjuguer efficacité et respect de l’environnement.

En janvier 2025, la France comptait déjà 52 bus hydrogène en service, et 222 en cours de déploiement. Avec plus de 540 unités annoncées pour les prochaines années (source : France Hydrogène Mobilité – 22 janvier 2025), une forte dynamique vers cette transition technologique est en marche. Grâce à leur fonctionnement sans émission de polluants et à leur capacité à couvrir de longues distances sans rechargements fréquents, ces véhicules apportent une réponse concrète aux défis du transport urbain.

Ne pas confondre : cars et bus hydrogène !

Un bus (ou autobus) est un véhicule de transport en commun conçu pour déplacer 20 à 100 passagers, incluant parfois des espaces pour personnes debout, ou à mobilité réduite. Il se déplace sur des trajets courts ou moyens, avec des arrêts fréquents à des points fixes. Il est déployé dans des zones urbaines ou périurbaines.

Les principaux constructeurs de bus hydrogène en Europe sont Solaris, Wrightbus, Caetano et Mercedes-Benz, avec des modèles de 12 et 18m. Leur spécificité est d’avoir un réservoir d’une pression de 350bar (contre 700bar pour les autocars), qui embarque entre 30 et 40kg d’ H2, pour une autonomie pouvant aller jusqu’à 600 km.

A l’inverse, un car est pensé pour des trajets interurbains ou longue distance, souvent pour relier différentes villes ou régions. Il effectue moins d’arrêts et propose donc des trajets plus directs. Le car est conçu pour transporter une cinquantaine de personnes équipées de ceinture de sécurité, ainsi que leurs bagages, rangés dans une soute. L’offre d’autocar hydrogène reste beaucoup moins mature que celle des bus, seuls quelques véhicules sont sur la route aujourd’hui, issus du rétrofit. Cela est dû à leur besoin en autonomie plus important et aux places limitées, pour y laisser de l’espace en soute.

En résumé, le bus effectue des trajets courts et fréquents en ville, tandis que le car est adapté pour des longues distances et les transports scolaires.

Neuf ou Retrofit : savez-vous faire la différence ?

Il existe 2 catégories de véhicule hydrogène sur le marché : les modèles neufs ou rétrofités.

Chacun présente ses avantages spécifiques selon les besoins des usagers. Les modèles neufs, offrent une conception optimisée pour l’hydrogène, avec une durée de vie maximale de l’ensemble des composants. Les modèles rétrofités, quant à eux, se basent sur un modèle économique circulaire, permettant de prolonger le cycle de vie des véhicules thermiques en remplaçant leurs composants. Ce qui diminue leur impact environnemental.

Comment fonctionnent les cars et bus hydrogène ?

Découvrez comment fonctionne ces véhicules hydrogène grâce à notre schéma explicatif ci-dessous.

Schéma expliquant le fonctionnement d'un cars/bus hydrogène
  1. Le bus hydrogène s’avitaille à une station H2 (durée de recharge entre 10 et 20 minutes) de la même manière qu’un bus s’avitaillerait à une station thermique.
  2. L’hydrogène est stocké dans des réservoirs sous haute pression (350 ou 700bar), puis alimente la pile à combustible lorsque le bus H2 se met en marche.
  3. L’hydrogène et l’oxygène (O2) ambiant, réagissent ensemble au cœur de la pile à combustible, et vont produire de l’eau et de l’électricité.
  4. Cette électricité alimente le moteur électrique, qui assure l’entraînement des roues, et donc le déplacement du bus H2.
  5. En parallèle, l’énergie générée grâce au freinage régénératif (comme dans un véhicule électrique standard), est stockée dans la batterie.
  6. La batterie sert donc aussi de support au moteur électrique, en lui restituant l’électricité récupérée lors du freinage régénératif.
  7. Enfin, l’eau produite par la pile à combustible est la seule émission à l’échappement du bus, sous forme de vapeur.

Collectivités : pourquoi adopter les bus hydrogène pour une mobilité urbaine durable ?

Pour les riverains

Les bus hydrogène contribuent à l’amélioration de la qualité de vie en ville, puisqu’ils diminuent les effets de pollution atmosphérique et sonore. En effet, ces véhicules ne rejettent ni CO2, ni particule fine, ni odeur, ni toxicité. Cela contribue ainsi, à un air plus pur pour les habitants. Les véhicules hydrogène à pile à combustible intègrent un moteur électrique, qui en plus d’être silencieux, participe à la réduction de la pollution sonore 

Enfin, la technologie hydrogène constitue une solution clé pour stabiliser les réseaux électriques. Grâce à sa capacité de stockage, elle permet de décorréler la production de l’énergie, de sa consommation, évitant ainsi les surcharges sur le réseau lors des pics de demande. Cette flexibilité réduit les risques de surtension et de coupures, garantissant une alimentation électrique continue pour les riverains. En intégrant l’hydrogène, les infrastructures électriques sont donc moins sollicitées, ce qui favorise un réseau plus fiable et un service de qualité pour les populations.

Pour les collectivités

En France, depuis 2022, les agglomérations de plus de 250 000 habitants sont dans l’obligation qu’un quart de leur flotte autobus soit zéro émission. Pour cela, les bus hydrogène qui rejettent seulement de la vapeur d’eau, constituent une solution pertinente.

Leurs réservoirs hydrogène garantissent une autonomie optimisée, permettant de couvrir efficacement les zones périurbaines et urbaines, y compris celles présentant un fort dénivelé ou des écarts de température marqués. Contrairement aux bus électriques à batterie, dont l’autonomie peut être fortement impactée par l’utilisation du chauffage en hiver ou de la climatisation en été, les bus hydrogène maintiennent leurs performances quelles que soient les conditions météorologiques.

De plus, leur batterie plus compacte libère de l’espace pour le transport des passagers, tout en étant mieux adaptée aux longues distances.

Enfin, leur temps de recharge rapide (entre 10 et 20 minutes) réduit le besoin en infrastructures de ravitaillement et optimise l’empreinte au sol, un atout essentiel dans des environnements contraints comme les dépôts de bus ou les plateformes aéroportuaires.

Pour les conducteurs

Les bus hydrogène allient confort, performance et efficacité, améliorant ainsi l’expérience de conduite. Silencieux et dépourvus de vibrations, ils réduisent la fatigue, et permettent donc de réaliser de longues distances de manière beaucoup plus confortable pour les conducteurs. Le temps de recharge rapide des réservoirs, garantit ainsi une rotation fluide et rapide, un avantage crucial pour les réseaux de transport exigeant des délais d’exécution serrés. 

Tous à bord : les cars et bus hydrogène roulent déjà !

De nombreuses ville en France ont déjà fait le choix des cars et bus hydrogène pour moderniser leurs réseaux de transport. Ces projets illustrent leur potentiel pour transformer la mobilité urbaine :

Etat des lieux des projets de déploiements de bus hydrogène annoncés en France
Source : France Hydrogène Mobilité – 22 janvier 2025

Quelques exemples :

  • HYPORT : La solution d’hydrogène renouvelable en région Occitanie

HyPort déploie des infrastructures d’hydrogène renouvelable en Occitanie. Fin 2023, HyPort a inauguré la première station européenne de production, stockage et distribution d’hydrogène vert en zone aéroportuaire à l’aéroport de Toulouse-Blagnac. Cette installation comprend un électrolyseur d’une capacité de production de plus de 400 kg d’hydrogène zéro carbone par jour, alimenté à 100 % en électricité renouvelable. La station dispose de deux bornes de recharge : l’une côté tarmac, destinée aux véhicules aéroportuaires et l’autre côté ville, accessible aux bus et autres véhicules légers. Cette infrastructure permet d’alimenter jusqu’à 20 bus H2 par jour, contribuant ainsi à la décarbonation des activités terrestres de l’aéroport et à la promotion de la mobilité durable dans la région.

  • NOMAD CAR H2, le premier car rétrofité à avoir été homologué

Du côté des autocars hydrogène, on trouve le projet NOMAD CAR HYDROGENE, résultat de la stratégie innovante du Plan Normandie Hydrogène. Première mondiale, il a permis de rétrofiter un car diesel en véhicule hydrogène zéro émission, avec une autonomie de 450 km. Ce car circule depuis avril 2024 sur la ligne régulière Evreux-Rouen, concrétisant les avancées de la filière.

Station hydrogène Atawey intégrée au programme européen EAS-HyMob.

            AMETHyST : cars et bus hydrogène dans les Alpes

La CCPEVA a testée du 13 au 25 février des cars et bus hydrogène sur son territoire, en partenariat avec des acteurs clés comme Transdev, Lhyfe et GCK. Cette expérimentation visait à démontrer la pertinence de l’hydrogène vert pour le transport en montagne, où autonomie et puissance sont essentielles. Le projet s’inscrit dans une démarche de mobilité durable, soutenue par l’ADEME et le projet européen AMETHyST. Grâce à cette démonstration, les performances des véhicules à hydrogène seront évaluées en conditions réelles. Une avancée vers des transports publics décarbonés, adaptés aux défis des zones alpines.

Station hydrogène Atawey ravitaillant un bus à hydrogène.

L'hydrogène, clé d'un avenir durable pour nos villes

En conclusion, les bus hydrogène représentent une avancée majeure dans le domaine de la mobilité durable. En combinant zéro émission de particules, une autonomie prolongée et une rapidité de ravitaillement, ils se positionnent comme une solution idéale pour les collectivités souhaitant réduire leur impact environnemental.
En investissant dans cette technologie innovante, les villes et les collectivités locales contribuent à l’accélération de la transition énergétique et technologique, tout en offrant des transports en commun performants et durables à leurs habitants. 

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De la matière à l’énergie : Les Secrets de la Fabrication de l’Hydrogène

Le « pourquoi » de l’hydrogène fait aujourd’hui consensus.

Que ce soit au sein de la communauté scientifique ou parmi les gouvernements – qui ont, pour une large majorité, adopté des feuilles de route dédiées – tous s’accordent sur le fait que cette molécule a un rôle clé à jouer dans la décarbonation de nos sociétés. La capacité de l’hydrogène à réduire les émissions de CO₂ de l’industrie et des transports en fait un atout majeur pour atteindre les objectifs climatiques. Au-delà de la dimension de transition écologique, c’est également un levier de compétitivité économique pour les pays, comme le rappelle le rapport Draghi publié en 2024.

Le « comment », en revanche, est moins connu.

Quelles sont les méthodes de fabrication de l’hydrogène ? Et quels sont leurs impacts ? Dans cet article, explorons ensemble les process de fabrication de l’hydrogène : lumière sur les principales méthodes et technologies de production d’hydrogène, leurs avantages et leurs inconvénients.

Pourquoi l’hydrogène est-il un maillon essentiel de notre avenir énergétique ?

L’hydrogène est une molécule simple mais polyvalente, utilisée comme matière première ou vecteur énergétique. Lorsqu’il est produit via des méthodes durables, son utilisation ne génère pas de CO₂, ce qui en fait un formidable moyen de décarbonation de nos industries et nos modes de transports. Cependant, cette empreinte carbone de l’hydrogène dépend fortement du procédé de fabrication utilisé et des ressources utilisées, qui donnent ainsi à l’hydrogène sa « couleur ».
Pour une explication des différentes couleurs de l’hydrogène et leurs implications environnementales, consultez notre article consacré aux couleurs de l’hydrogène.

Méthodes de production de l’hydrogène : de la ressource au vecteur énergétique

1. La plus répandue : le vaporeformage (ou SMR : steam methane reforming, en anglais)

Le reformage à la vapeur de méthane, également appelé vaporeformage, est aujourd’hui la méthode la plus répandue pour produire de l’hydrogène. Cette technique consiste à transformer le gaz naturel avec de la vapeur. Ce procédé présente toutefois un inconvénient majeur : il génère une quantité conséquente de dioxyde de carbone.

  • Avantages : Rentabilité et maturité technologique
  • Inconvénients : Fortes émissions de CO₂, même si ce procédé de production peut être combiné à une technologie de captage du carbone (CCUS : Carbon Capture, Utilisation and Storage)​​

2. La plus « synthétique » : la gazéification

La gazéification est un processus thermochimique qui transforme des matières premières carbonées comme le charbon bitumineux, le lignite ou la biomasse, en un mélange gazeux de synthèse appelé “syngas” (hydrogène, monoxyde de carbone, dioxyde de carbone).

  • Avantages : Exploitation de résidus industriels et agricoles
  • Inconvénients : Forte dépendance aux matières premières fossiles ou organiques​​ et émissions de CO₂, là aussi, qui peuvent être captées

3. La plus prometteuse : l’électrolyse de l’eau

L’électrolyse consiste à diviser l’eau (H₂O) en dihydrogène (H₂) et dioxygène (O₂) à l’aide d’électricité. C’est une méthode prometteuse pour produire de l’hydrogène vert ou bas carbone lorsqu’elle utilise des sources d’électricité renouvelables : électricité issue du solaire, de l’éolien ou de l’hydraulique.

  • Avantages : Aucune émission de CO₂ directe
  • Inconvénients : dépendance au mix énergétique local​​ et coût encore élevé des électrolyseurs, qui devrait se réduire avec le passage à l’échelle des fabricants d’électrolyseurs

On peut également citer dans ce mode de production : le fractionnement catalytique à haute température de l’eau (produit à partir du nucléaire) et l’électrolyse chimio-thermique

4. Les plus innovantes ? focus sur les technologies émergentes

Des approches innovantes, comme la pyrolyse du méthane, qui produit de l’hydrogène en chauffant le méthane à haute température (plus de 1000°C) sans oxygène, ou l’utilisation de micro-organismes (issus d’eaux usées ou de biodéchets), offrent des alternatives possibles pour une production bas carbone​​, mais qu’il reste encore à explorer.

5. La plus naturelle ? L’hydrogène blanc (aussi appelé natif, naturel ou géologique) et orange

Enfin, l’hydrogène existe sous forme naturelle, produit par des réactions chimiques dont les cycles de production s’évaluent en milliers d’années : le fameux « hydrogène blanc ». Des techniques se sont également développées pour injecter de l’eau salée dans des roches riches en fer pour provoquer des réactions chimiques permettant également la production « d’hydrogène orange ».

  • Avantages : Aucune émission de CO₂ directe (source naturelle dans le cas de l’hydrogène blanc, et séquestration simultanée du CO2 qui se minéralise au cours de processus pour l’hydrogène orange)
  • Inconvénients : des processus d’extraction qui sont encore en phase expérimentale et qui nécessiteront plusieurs années de développement

Impact environnemental des technologies

Chaque méthode a un impact différent sur l’environnement, directement lié au mode de production :

  • Reformage à la vapeur et gazéification : Génèrent d’importantes émissions de CO₂, qui peuvent être limitées si elles sont couplées à des technologies de capture et stockage du carbone.
  • Électrolyse : permet le zéro-émission directe si l’électricité provient de sources renouvelables.
  • Innovations et hydrogène naturel : Potentiel significatif pour réduire les impacts négatifs d’émissions de CO₂, mais nécessitent encore des validations à grande échelle.

Défis et perspectives pour l’adoption de l’hydrogène

1. Réduction des coûts

Le coût de l’hydrogène vert ou bas carbone reste actuellement supérieur à celui de l’hydrogène carboné, mais son coût devrait baisser grâce aux innovations technologiques et aux économies d’échelle de l’accès à l’énergie décarbonée​.

2. Développement des infrastructures

Des investissements massifs dans les pipelines, les stations de ravitaillement et les capacités de stockage sont indispensables pour déployer l’hydrogène à grande échelle​.

3. Réglementations et soutien public

Des politiques publiques, telles que des subventions ou des contrats d’achat à long terme, sont nécessaires pour favoriser l’adoption de l’hydrogène dans les industries et les transports​​.

Vers un avenir durable grâce à l’hydrogène

L’hydrogène, particulièrement lorsqu’il est produit de manière durable, constitue une solution clé pour décarboner les secteurs énergétiques et industriels. Le développement de technologies comme l’électrolyse et les innovations émergentes ouvrent la voie à un futur énergétique propre et durable.

En conclusion, l’hydrogène est bien plus qu’un simple vecteur énergétique. En misant sur des méthodes de production durables, des infrastructures adaptées et un soutien politique fort, il peut devenir un pilier incontournable de la transition énergétique.

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ICPE 1416 : Décryptage et évolutions à venir

En France, une Installation Classée pour la Protection de l’Environnement (ICPE) désigne une installation industrielle ou agricole susceptible de présenter des risques pour l’environnement, la sécurité ou la santé humaine. Ces installations sont soumises à une réglementation stricte pour limiter leurs impacts. Cet article décrypte les ICPE et leurs classifications et explique le rôle clé d’Atawey  dans l’élaboration des normes hydrogène.

Comprendre les ICPE et leurs classifications

Quels sont les critères pour être classé ICPE ?
Les installations sont classées ICPE en fonction :

  • De leur nature et activité : type de production ou de stockage (par exemple production chimique, stockage de gaz…).
  • Des seuils quantitatifs : quantité de produits, volume de gaz stocké ou utilisé, puissance de l’installation, etc.
  • Des risques associés : impact potentiel sur l’environnement, dangerosité des substances manipulées.

Quelles sont les différentes catégories d’ICPE ?
Les ICPE se divisent en trois grandes catégories :

  1. Autorisation (A) : Installations présentant des risques élevés nécessitant une autorisation préalable et une étude d’impact approfondie. Exemple : une station hydrogène avec une capacité de stockage supérieure à 10 tonnes.
  2. Enregistrement (E) : Installations à risques modérés nécessitant un enregistrement avec des études simplifiées. Exemple : petites installations avec stockage limité.
  3. Déclaration (D) : Installations à faible risque nécessitant uniquement une déclaration auprès des autorités. Exemple : installations de très petite taille ou à usage temporaire.

Quels sont les exemples de rubriques ICPE pertinentes pour l’hydrogène ?

  • 1416 : Distribution d’hydrogène en station.
  • 3420 : Production d’hydrogène par électrolyse.
  • 4715 : Stockage d’hydrogène.
  • 2910 : Combustion d’hydrogène (utilisation dans des moteurs ou turbines).

Quelles sont les obligations pour une ICPE ?
Les obligations varient selon la catégorie, mais comprennent généralement :

  • L’élaboration de plans de prévention des risques.
  • Des audits de conformité réguliers.
  • Des dispositifs de sécurité adaptés (extincteurs, systèmes de confinement).
  • Une surveillance environnementale pour mesurer les impacts (émissions, rejets).

Décryptage de l’ICPE 1416 et de ses évolutions à venir

La réglementation ICPE 1416 encadre les stations de distribution d’hydrogène en France, en mettant l’accent sur la sécurité, la conformité environnementale et la fiabilité opérationnelle. Par exemple, elle impose des distances minimales de sécurité entre les réservoirs de stockage d’hydrogène et les zones publiques, définit des mesures de confinement pour prévenir les fuites, et exige des systèmes avancés de suppression des incendies. Prévue pour évoluer en 2025, cette réglementation introduira de nouvelles normes de sécurité et des mises à jour technologiques afin de s’adapter à l’essor des infrastructures hydrogène à grande échelle. À titre d’exemple, les stations devront intégrer des systèmes avancés de détection des fuites capables de surveiller en temps réel et de déclencher des protocoles d’arrêt d’urgence. Ces modifications visent à simplifier la mise en œuvre des projets de mobilité hydrogène tout en répondant aux préoccupations critiques en matière de sécurité et d’exploitation. Pour les acteurs de la mobilité hydrogène, comprendre ces évolutions est essentiel pour garantir la sécurité, la conformité et le succès des projets.

Le rôle clé d’Atawey dans l’élaboration des normes hydrogène

En tant qu’acteur de référence dans la mobilité hydrogène, Atawey contribue à l’évolution du cadre réglementaire. Nos experts participent activement aux groupes de travail de France Hydrogène, contribuant à l’amélioration des rubriques ICPE 1416 et autres normes connexes. Ces collaborations réunissent l’ensemble des acteurs du secteur (fabricants, installateurs et décideurs publics) pour relever les défis, faire évoluer la règlementation et garantir que les projets hydrogène respectent des standards élevés de sécurité et d’efficacité.

Notre engagement va au-delà des simples conseils. En collaborant avec les organismes publics et les parties prenantes du secteur, Atawey veille à ce que les réglementations évolutives reflètent les besoins réels des projets sur le terrain, favorisant ainsi la croissance durable de la filière. Par un dialogue constant et notre expertise, nous influençons des normes qui rendent les solutions hydrogène plus accessibles et évolutives.

L’engagement d’Atawey pour la conformité et l’excellence

Les stations de ravitaillement en hydrogène d’Atawey sont déjà conformes aux évolutions réglementaires prévues pour 2025. Nos systèmes sont conçus avec des fonctionnalités de sécurité avancées, des contrôles qualité rigoureux et des configurations modulaires pour anticiper les extensions ou les mises à jour futures. Cette conformité proactive témoigne de notre engagement à fournir des solutions fiables et prêtes pour l’avenir, répondant aux normes de sécurité les plus élevées.

Nos clients bénéficient de solutions à la fois conformes et optimisées pour une utilisation simple et une durabilité à long terme. Avec Atawey, vous choisissez un partenaire alliant expertise technique et vision d’avenir, pour assurer le succès de vos projets de mobilité hydrogène dans un environnement réglementaire en constante évolution.

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Hydrogène blanc : une révolution prometteuse pour la transition énergétique

Dans un monde en quête d’alternatives énergétiques propres et durables, l’hydrogène naturel, également appelé hydrogène blanc, se profile comme une solution révolutionnaire. Contrairement à l’hydrogène vert, bleu ou gris, sa production ne nécessite ni électricité renouvelable, ni transformation chimique intensive. Ce vecteur énergétique, généré naturellement par des processus géologiques, présente un potentiel considérable pour décarboner des secteurs stratégiques tout en réduisant les coûts et les impacts environnementaux. Cet article explore les promesses et les défis liés à l’hydrogène blanc, en mettant en lumière les initiatives en France, en Europe et dans le monde, ainsi que ses perspectives dans la transition énergétique.

Un potentiel naturel sous-exploité

L’H2 blanc, ou hydrogène naturel, se positionne comme une ressource innovante et stratégique dans le cadre de la transition énergétique mondiale. Formé par des processus géologiques tels que l’oxydation des minéraux ferreux ou la radiolyse de l’eau, il est produit en continu par la Terre sur des périodes allant de quelques milliers à plusieurs millions d’années, selon les conditions géologiques spécifiques. Contrairement à d’autres types d’hydrogène, sa production ne dépend ni de sources d’électricité intermittentes, ni de technologies complexes de capture de CO2, ce qui réduit considérablement les coûts associés. De plus, l’extraction de l’hydrogène blanc présente plusieurs avantages environnementaux :

  • Indépendance vis-à-vis des combustibles fossiles : Contrairement à l’hydrogène gris ou bleu, il ne repose pas sur le reformage du gaz naturel, éliminant ainsi une source majeure d’émissions.
  • Production naturelle continue : Les processus naturels de génération d’hydrogène par la Terre offrent une alternative peu énergivore aux méthodes exigeantes comme l’électrolyse.
  • Faible utilisation des terres et de l’eau : À la différence de l’hydrogène vert, qui nécessite des ressources importantes en eau et en terres pour les installations d’énergies renouvelables, l’extraction de l’hydrogène blanc requiert une empreinte opérationnelle plus réduite.

Les projections récentes estiment que le coût de production de l’hydrogène blanc pourrait se situer entre 1 et 1,5 €/kg dans les prochaines années, bien en deçà des 2 à 9 €/kg attendus pour l’hydrogène produit par électrolyse d’ici 2030. En comparaison, l’hydrogène gris issu des combustibles fossiles coûte actuellement entre 1,5 et 3 €/kg, mais avec un impact environnemental nettement supérieur. Ces chiffres mettent en évidence l’avantage compétitif que l’hydrogène blanc pourrait représenter pour les secteurs énergétiques et industriels​​.

Hydrogène blanc : Des initiatives prometteuses à l’échelle mondiale et en France

En France, cinq permis d’exploration ont été délivrés, ciblant principalement des régions comme les Pyrénées, la plaine de l’Albigeois et la Guyane. Ces zones ont été identifiées pour leur potentiel géologique favorable, notamment grâce à la présence de formations rocheuses riches en fer et en magnésium, propices aux réactions génératrices d’hydrogène naturel. Les estimations préliminaires indiquent que ces zones pourraient fournir jusqu’à 20 % de la demande nationale d’hydrogène en 2050, en fonction des développements technologiques et des avancées des explorations.

Dans les Pyrénées, des projets explorent les roches magmatiques et les zones de serpentinisation actives, tandis qu’en Guyane, les études s’intéressent aux formations précambriennes riches en fer. En plaine d’Albigeois, des indices géochimiques prometteurs révèlent des quantités significatives d’hydrogène dissous dans des aquifères profonds. Ces gisements pourraient être exploités pour alimenter des industries locales, réduire les importations d’énergie fossile et contribuer à la décarbonation des transports lourds. Les premiers résultats des forages exploratoires, attendus d’ici 2025, devraient confirmer le potentiel commercial de ces projets.

En complément, plusieurs demandes de permis sont en cours en France, témoignant d’un intérêt croissant pour l’hydrogène naturel. Parmi elles, les projets Grand Rieu (266 km²) et Sauve Terre H2 (226 km²) dans les Pyrénées, ainsi que Marensin (691 km²) dans les Landes, visent à explorer les formations géologiques riches en hydrogène dissous. Dans le Massif jurassien, le permis pour le projet Avant-Monts Franc-Comtois (306 km²) a déjà été attribué, et des forages sont prévus pour 2024. Enfin, en Auvergne, le projet Vinzelle (6 km²) cible une zone spécifique du Puy-de-Dôme avec une attribution de permis prévue pour 2024. Ces initiatives renforcent le rôle de la France comme leader européen dans l’exploration du H2 blanc​.

À l’international, des initiatives clés renforcent l’intérêt croissant pour le H2 blanc. Au Mali, le projet pilote de Bourakébougou a prouvé l’existence de gisements exploitables, générant déjà de l’hydrogène utilisable directement pour la production d’énergie locale. Aux États-Unis, des forages exploratoires ont été lancés dans le Nebraska et le Kansas, ciblant des zones comme la Nemaha Ridge, où les premières études géologiques indiquent un potentiel prometteur. En Australie, la péninsule de Yorke fait l’objet de projets pilotes pour explorer les formations riches en serpentine, qui favorisent la génération d’hydrogène naturel​.

Selon une étude de Zgonnik (2020), plus de 465 occurrences géologiques d’hydrogène ont été identifiées à travers le monde, témoignant d’un potentiel global encore largement sous-exploité. Ces gisements incluent des zones en Amérique latine (comme la Colombie), en Europe de l’Est (notamment la Pologne et l’Ukraine) et en Afrique (par exemple, la Namibie). Ces projets, bien que souvent encore à des stades exploratoires, pourraient ouvrir la voie à une exploitation commerciale d’ici 2030, soutenus par des avancées technologiques et des investissements estimés à plusieurs milliards d’euros​​.

Un levier fondamental pour l’avenir énergétique

Bien que prometteur, l’hydrogène blanc reste confronté à plusieurs défis. Parmi eux, le développement d’infrastructures dédiées pour l’extraction, le transport et le stockage, ainsi que l’élaboration de cadres réglementaires harmonisés à l’échelle internationale. Toutefois, son potentiel économique et écologique pourrait en faire une ressource complémentaire essentielle aux autres types d’hydrogène, comme le H2 vert ou bleu. En 2023, seulement 4 % des projets hydrogène au niveau mondial avaient atteint le stade de la décision finale d’investissement (FID), soulignant la nécessité d’accélérer les efforts pour combler cet écart​. En France, les premières estimations suggèrent que les projets en cours pourraient contribuer significativement aux objectifs climatiques nationaux, en fournissant une alternative compétitive aux énergies fossiles. Si les initiatives publiques et privées se poursuivent à ce rythme, l’hydrogène naturel pourrait devenir un pilier majeur de la transition énergétique mondiale, en particulier dans les secteurs industriels et de la mobilité lourde.

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h2 : un peu de Physique-Chimie

L’hydrogène, le plus simple et le plus abondant des éléments de l’univers, a une histoire riche qui remonte à sa découverte par le scientifique britannique Henry Cavendish au XVIIIe siècle. Depuis lors, cette molécule a connu une évolution remarquable, passant d’une simple curiosité scientifique à un élément clé dans de nombreuses applications modernes, développées dans des écosystèmes H2.

Siècle des Lumières : La Découverte de l’Hydrogène

En 1766, Henry Cavendish, physicien et chimiste britannique, réalise une percée scientifique en découvrant une substance gazeuse unique pendant ses expériences sur l’acidité. Trois ans plus tard, il publie ses résultats, révélant la nature particulière de ce gaz léger, qu’il appelle alors “air inflammable”.

En 1783, le chimiste français Antoine Lavoisier réalise que l'”air inflammable” de Cavendish était en réalité un élément chimique distinct qui, lorsqu’il brûlait en présence d’oxygène, jouait un rôle dans la formation de l’eau. Il propose alors le nom “hydrogène” pour cet élément, dérivé du grec “hydro” signifiant “eau” et “genium” signifiant “formeur”.

H2 : une formule chimique pour l’hydrogène

Pourquoi appelle-t-on l’hydrogène le H2 ? 

La forme moléculaire de l’hydrogène est le dihydrogène : comme son nom l’indique, cette molécule comporte deux atomes d’hydrogène : sa formule chimique est ainsi le H2. 

L’Ère de la Renaissance Chimique : le gaz H2 devient un vecteur énergétique

En 1839, Sir William Grove, un avocat britannique, chimiste amateur, développe la pile de Grove, également connue sous le nom de batterie voltaïque à gaz, en combinant des électrodes en platine avec de l’hydrogène et de l’oxygène. Cette invention convertit directement l’énergie chimique en électricité sans combustion, offrant ainsi une alternative propre et efficace aux méthodes traditionnelles de production d’électricité.

Au cours des années suivantes, il publie une série d’articles et, lors d’une conférence en 1842, il évoque pour l’une des 1ère fois la conservation de l’énergie, précédant Harmann von Helmholtz de cinq ans. 

Sa cellule à gaz restera en sommeil pendant des décennies, mais deviendra un précurseur essentiel dans l’invention de la pile à combustible. 

Ainsi, l’ère de la renaissance chimique a été non seulement le témoin de découvertes fondamentales, mais également le catalyseur d’une nouvelle ère dans le domaine de l’énergie, marquée par l’utilisation novatrice de l’hydrogène comme vecteur énergétique.

Révolution industrielle : les usages de l’hydrogène se multiplient

Au XXe siècle, l’hydrogène devient une ressource cruciale au sein de l’industrie, trouvant une multitude d’applications qui ont façonné les processus de fabrication et la production mondiale. L’une des utilisations majeures de l’hydrogène réside dans sa contribution à la production d’ammoniac. Cette réaction chimique, connue sous le nom de synthèse de Haber-Bosch, permet de combiner l’hydrogène et l’azote atmosphérique pour former de l’ammoniac, une matière première essentielle dans la fabrication des engrais.

L’industrie pétrolière a également intégré le gaz hydrogène dans ses processus. Le raffinage du pétrole, par exemple, utilise l’hydrogène pour éliminer les impuretés et améliorer la qualité des produits pétroliers. Le procédé d’hydrodésulfuration, qui utilise l’hydrogène pour réduire la teneur en soufre des carburants, est un exemple significatif de cette application.

L’Hydrogène, un gaz essentiel pour répondre aux besoins de la société moderne

En outre, l’hydrogène est employé dans la métallurgie pour réduire les minerais de métaux tels que le fer, contribuant ainsi à la production d’acier. Cette utilisation spécifique, connue sous le nom de réduction directe, permet d’obtenir des métaux à partir de leurs oxydes, jouant un rôle clé dans la fabrication de matériaux essentiels à de nombreuses industries.

Dans le secteur électronique, l’hydrogène trouve sa place dans la production de semi-conducteurs et de composants électroniques avancés. Son utilisation dans ces applications contribue à l’avancement continu des technologies de l’information et de la communication.

Le rôle central de l’hydrogène dans la fabrication d’engrais, le raffinage pétrolier et d’autres procédés industriels en fait une ressource incontournable pour répondre aux besoins croissants de la société moderne.

Ère post-industrielle : l’H2 dans la transition écologique

Bien que toujours utilisé pour décarboner l’industrie, au tournant du XXIe siècle, l’hydrogène représente une solution prometteuse pour les problèmes environnementaux et énergétiques et a donc un rôle clé à jouer dans la transition écologique. Son intérêt réside dans le fait que production et consommation sont complètement décorrélées : on peut le produire pendant les heures creuses, le stocker de manière sécurisée et le consommer quand on veut.

C’est pourquoi le H2 est aujourd’hui utilisé comme moyen de stockage de l’énergie : il est utilisé comme vecteur énergétique pour stocker l’énergie renouvelable produite à partir de sources intermittentes telles que l’éolien et le solaire. Il permet ainsi de lisser les variations de la production énergétique, contribuant à une alimentation plus stable du réseau électrique.

L’hydrogène H2, une solution de décarbonation des transports

Il fait également partie des solutions de décarbonation des transports, offrant une mobilité hydrogène sans émissions de CO2 et contribuant ainsi à réduire l’empreinte carbone du secteur, mais aussi à améliorer la qualité de l’air. 

Par exemple, l’hydrogène peut être utilisé pour alimenter les piles à combustible qui vont fournir de l’électricité aux voitures électriques. La capacité de stockage de l’hydrogène est par ailleurs utilisée pour ces transports : l’énergie non consommée par le moteur électrique d’une voiture est stockée dans une batterie, et pourra assister la pile à combustible si besoin.

Les véhicules hydrogènes nécessitent des infrastructures spécifiques pour leur ravitaillement : les stations hydrogènes. Ces stations, en plein développement, sont équipées de pompes capables d’injecter de l’hydrogène sous forme de gaz sous pression dans le réservoir du véhicule.

L’hydrogène se positionne donc comme un acteur polyvalent dans la transition énergétique, offrant des solutions innovantes pour répondre aux défis climatiques et énergétiques du XXIe siècle.

Le saviez-vous ?

Bien que l’hydrogène soit un gaz inodore et incolore, on le pare pourtant de différentes couleurs !

En effet, les couleurs de l’hydrogène sont des noms donnés à la molécule selon son procédé de production et / ou sa source d’électricité. L’hydrogène “vert” est ainsi un hydrogène produit à partir d’un procédé renouvelable ou faiblement carboné (éolien, solaire, électrolyse de l’eau). 

L’hydrogène, un vecteur énergétique incontournable de la transition écologique

De sa découverte par Cavendish à ses applications modernes, l’histoire de l’hydrogène est une saga de découvertes scientifiques et d’innovations technologiques. Alors que nous explorons de nouvelles façons d’utiliser cette molécule polyvalente, il est clair que l’hydrogène continuera de jouer un rôle crucial dans la quête d’un avenir énergétique durable.

L'hydrogène : vecteur énergétique incontournable de la transition écologique
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Le fonctionnement d’une station hydrogène 

La transition vers une mobilité durable est en route, et les véhicules à hydrogène gagnent du terrain dans cette course vers la réduction des gaz à effets de serre et l’amélioration de la qualité de l’air. Essentielles dans le développement de cette mobilité bas carbone, les stations de recharge hydrogène sont au cœur des projets. Mais comment fonctionnent-elles ? Découvrez l’anatomie et le fonctionnement des stations hydrogène.

Stations hydrogène en Europe : un point sur le cadre réglementaire (AFIR)

Le règlement sur le déploiement d’une infrastructure pour carburants alternatifs (#AFIR) s’inscrit dans le cadre du paquet “Ajustement à l’objectif 55” (Fit for 55). Présenté par la Commission européenne le 14 juillet 2021, ce paquet permet à l’UE de réduire ses émissions nettes de gaz à effet de serre d’au moins 55 % d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990 et d’atteindre la neutralité climatique en 2050.

Côté mobilité hydrogène, le règlement prévoit des stations de ravitaillement pour les voitures et les camions, déployées dans tous les nœuds urbains et tous les 200 km, le long des axes principaux.

« Afin de garantir l’interopérabilité, toutes les stations de ravitaillement en hydrogène ouvertes au public devraient au moins fournir de l’hydrogène gazeux à 700 bars. Le déploiement de l’infrastructure devrait également tenir compte de l’émergence de nouvelles technologies, telles que la technologie de l’hydrogène liquide, qui offrent une plus grande autonomie aux véhicules utilitaires lourds et devraient constituer le choix technologique privilégié de certains constructeurs automobiles » précise le règlement qui met également l’accent sur l’expérience utilisateur en précisant que les usagers devront pouvoir payer facilement et en toute transparence.

Le saviez-vous ?

L’AFIR a été adopté le 25 juillet 2023 par le Conseil Européen.

Infographie décrivant le fonctionnement d'une station hydrogène

Les différents types de Station de recharge Hydrogène

Il faut distinguer 2 types de station de ravitaillement hydrogène :

. Les stations hydrogène de production et de distribution qui intègrent sur place un électrolyseur, produisant ainsi de l’hydrogène via le procédé de l’électrolyse (l’eau liquide devient Oxygène et Hydrogène gazeux grâce au procédé d’électrolyse) ;

. Les stations hydrogène de distribution alimentées par une source extérieure. 

De plus en plus de projets de développement de production d’hydrogène par électrolyseur voient le jour en Europe. Ce développement permettra à terme de :

. Diminuer le prix de la molécule d’hydrogène ;

. Améliorer le bilan total du cycle de vie des véhicules à hydrogène

Cycle de vie des véhicules à hydrogène

On estime l’impact du cycle de vie d’un utilitaire :

. 42 tonnes d’eqCO2 lorsqu’il roule au diesel ;

. 38 tonnes lorsqu’il roule à l’hydrogène produit par vaporeformage est transporté par camion à 200 bars ;

. 31 tonnes lorsqu’il roule à l’hydrogène produit par vaporeformage est transporté par camion à 500 bars ;

. 15 tonnes lorsqu’il roule à l’hydrogène produit via un électrolyseur alimenté par le mix-énergétique ;

. 11 tonnes lorsqu’il roule à l’hydrogène produit via un électrolyseur alimenté par électricité verte (l’hydrogène vert).

(Source = ADEME, Analyse de cycle de vie relative à l’hydrogène)

Le Fonctionnement d’une Station Hydrogène

Qu’elles soient station hydrogène de production et distribution, ou borne hydrogène de distribution, le fonctionnement d’une station-service hydrogène est identique.

1/ Source de l’hydrogène : L’hydrogène peut être produit sur place ou acheminé depuis une source extérieure.

2/ Compression : L’hydrogène est comprimé à une pression élevée, jusqu’à 1 000 bar, pour un stockage et une distribution efficaces. Il existe plusieurs technologies de compression en fonction des pressions et des débits de service. 

3/ Stockage : L’hydrogène comprimé est stocké dans des réservoirs haute pression fabriqués à partir de matériaux composites renforcés ou en acier. La gestion des stocks fait partie intégrante du pilotage de la station. 

4/ Distribution : L’hydrogène peut être refroidi dans un échangeur thermique avant d’être transféré dans le réservoir du véhicule en suivant un protocole de distribution définissant des rampes de remplissage spécifiques au véhicule branché pour un ravitaillement en tout sécurité.

Pour assurer une compatibilité entre les stations et les véhicules, des protocoles de distribution standardisés ont été développés. Les deux principaux protocoles de distribution sont les suivants :

. Norme H70/H35 : Cette norme se réfère aux protocoles de distribution à des pressions de 700 bars et 350 bars. Elle fait référence à la pression de service des réservoirs dans les véhicules. Le choix de pression des réservoirs est fait par le fabricant en fonction de ces contraintes d’autonomie, du volume embarqué, de la masse du véhicule.

. Norme SAE J2601 : Cette norme spécifie des protocoles de distribution à des pressions de 350 bars et 700 bars, adaptées aux besoins des véhicules légers et lourds. Le J2601 définit également des rampes de remplissage adaptées à la typologie des véhicules : la MC Formula et la méthode des tables. Atawey est le 1er fabricant français à avoir intégré la MC Formula.

5/ Recharge du véhicule : Le principe de recharge est similaire à une station-service traditionnelle. L’usager connecte le flexible de distribution de la station à la prise d’hydrogène du véhicule.

La vitesse du ravitaillement en hydrogène dépend de plusieurs facteurs : la taille et la pression du réservoir, et la température extérieure et de refroidissement de l’hydrogène distribué.

L’hydrogène est ensuite stocké dans le réservoir jusqu’à ce qu’il soit converti en électricité par la pile à combustible.

Le saviez-vous ?

L’unité de remplissage d’un véhicule à hydrogène est le bar et non le litre.

Et d’ailleurs : comment fonctionne un moteur à hydrogène ?

Une fois l’hydrogène à bord du véhicule, il réagit avec l’oxygène de l’air ambiant dans une pile à combustible. Il produit alors de l’électricité, qui alimente ensuite le moteur électrique  du véhicule, assurant la propulsion. Le seul déchet produit par cette réaction ? De la vapeur d’eau ! C’est pour cela qu’on parle de mobilité décarbonée.

Quel est l’intérêt de l’hydrogène par rapport à une batterie pour les voitures ?

Avantages et Défis des Bornes Hydrogène

La mobilité hydrogène offre une recharge plus rapide que pour les véhicules électriques, une grande autonomie et aucune émission à l’échappement, sauf de l’eau. En effet, l’hydrogène étant un carburant à haute densité énergétique, la recharge des véhicules est comparable à celle des stations-service traditionnelles. 

Autre avantage : les stations-services à hydrogène sont flexibles et peuvent être installées à proximité des voies de circulation, ce qui facilite l’accessibilité pour les véhicules. 

Quels sont les inconvénients de l’hydrogène ?

L’implantation des stations-services hydrogène fait face à certains défis, tels que le coût élevé de production de l’hydrogène et le besoin d’étendre le réseau de stations pour mailler les territoires et ainsi permettre le déploiement des véhicules à hydrogène. 

Pour trouver un équilibre économique, la filière doit passer à l’industrialisation de la production d’hydrogène dans les prochaines années, comme des stations et tout autre composante nécessaire au développement de la filière en accord avec l’évolution des normes et réglementations.

Le saviez-vous ?

En France, un cadre spécifique pour les stations-service hydrogène a été mis en œuvre en 2018 pour préciser les réglementations relatives à la sécurité et à la prévention des risques.

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Couleurs de l’hydrogène et stations hydrogène : entre mythes et réalités

Le dihydrogène (H2) – molécule constituée de 2 atomes d’hydrogène -, communément appelé hydrogène est produit par différentes méthodes. De ce fait, la molécule d’hydrogène qui n’a ni couleur, ni odeur est pourtant, dans le monde de l’énergie, parée de plusieurs nuances. ZOOM sur une palette de couleur allant du noir au blanc, en passant par l’hydrogène vert.

L’évolution des couleurs de l’hydrogène en fonction de l’évolution des productions

Quelles sont les 7 couleurs de l’hydrogène ?

On nomme l’hydrogène avec 7 couleurs bien définies avec parfois quelques nuances : 

  • Brun / noir
  • Gris
  • Bleu, turquoise
  • Rose, rouge, violet
  • Vert
  • Blanc

Chaque couleur correspond au procédé utilisé pour la production d’hydrogène ou à sa source d’énergie. Ce procédé a évolué avec les années, et tend de plus en plus vers une énergie ou un mode de production plus respectueux de l’environnement. 

Hydrogènes noir, marron, gris : héritages de l’industrie fossile

L’hydrogène noir et l’hydrogène marron sont produits par gazéification du charbon bitumineux (pour l’hydrogène noir) et lignite (pour le marron). Il s’agit d’un processus extrêmement polluant, puisqu’il produit du CO2 et du monoxyde de carbone et les rejette dans l’atmosphère.

L’hydrogène gris est produit à partir de combustibles fossiles et utilise généralement la méthode du vaporeformage. Il est actuellement l’hydrogène le plus courant en termes de production, car il est le moins cher à produire. Au cours de ce processus, 10 tonnes de CO2 sont générées et rejetées dans l’atmosphère contre une tonne d’hydrogène produit. Cette méthode, moins polluante que le vaporeformage du charbon, reste néanmoins génératrice de CO2.

Hydrogènes bleu, turquoise : les prémices d’une technologie de production moins émettrice de gaz à effet de serre

L’hydrogène bleu est dérivé de l’hydrogène gris, mais la majeure partie du CO2 émis au cours du processus de production est capturée et stockée, entre autres, sous terre. 10 à 20 % du dioxyde de carbone émis durant sa production n’étant pas captée et des fuites de méthane ayant été pointés du doigt par de nombreux scientifiques, l’hydrogène bleu est aujourd’hui considéré comme de l’hydrogène carboné.

L’hydrogène turquoise, quant à lui, est extrait par pyrolyse du méthane, c’est-à-dire en le chauffant à très haute température. Cette forme de production permet de produire du carbone solide utilisé notamment dans la production de pneus, de plastiques ou encore de batteries. Le processus utilise le gaz naturel comme matière première et, si l’énergie nécessaire à la séparation du méthane provient de sources renouvelables, le processus est presque neutre en carbone.

Hydrogènes rouge, rose, violet : La quête d’une énergie bas carbone

L’hydrogène rose, rouge et violet est généré par la division de l’eau à l’aide de l’électricité produite par les centrales nucléaires.

L’hydrogène rose est produit par l’électrolyse de l’eau, qui décompose l’eau en oxygène et en hydrogène. L’hydrogène rouge est quant à lui produit par fractionnement catalytique à haute température de l’eau, les produits chimiques utilisés dans le processus étant réutilisés dans un cycle de production en boucle fermée.

Enfin, l’hydrogène violet est produit en utilisant l’énergie nucléaire et la chaleur par électrolyse chimio-thermique combinée de l’eau.

Hydrogène vert : La promesse d’une énergie vertueuse

Bien que l’hydrogène “vert” fasse souvent référence à l’hydrogène produit à partir d’électricité générée par des sources d’énergies renouvelables (d’origine solaire ou éolien), il peut également s’agir d’hydrogène produit par différentes méthodes utilisant d’autres sources renouvelables telles que le biogaz, le biométhane ou les biodéchets. Actuellement la méthode la plus courante de production d’hydrogène vert est l’électrolyse de l’eau.

Aucune émission de CO2 n’est associée à la production d’hydrogène vert ni à son utilisation. Lorsqu’il est utilisé dans une pile à combustible, le seul sous-produit de son utilisation est l’eau pure qui a été utilisée à l’origine pour sa production.

Hydrogène blanc : L’eldorado de l’hydrogène ?

L’hydrogène blanc désigne l’hydrogène dans son état le plus naturel. Il est généré par un processus naturel à l’intérieur de la croûte terrestre et ne fait donc appel à aucun mode de production. Son processus d’extraction est similaire à celui du gaz naturel, nécessitant des forages souterrains profonds pour exploiter les puits d’hydrogène naturels. 

La réserve la plus connue se situe dans le village d Bourakébougou au Mali dont le puits crache un gaz contenant plus de 97 % d’hydrogène depuis plus de 30 ans. En France, un gisement a récemment été découvert en Moselle.

Avec ses différentes couleurs, allant du noir au blanc, l’hydrogène incarne l’évolution des méthodes de production vers une énergie plus respectueuse de l’environnement. L’hydrogène vert se dresse comme une solution prometteuse pour un avenir énergétique durable, libérant le potentiel d’une solution de décarbonation de la mobilité. Sa production étant dépendante de celle des énergies renouvelables, il est nécessaire de prendre en compte le temps de développement des technologies.

Hydrogène vert et stations de ravitaillement : où en est-on ?

Il existe deux façons d’alimenter une station en hydrogène.

La première grâce à un électrolyseur sur place. Dans ce cas, la couleur de l’hydrogène dépend du mix-énergétique du pays dans lequel elle est installée ; ou est verte si la station est fournie par de l’électricité verte.

La seconde par acheminement de l’hydrogène via des remorques de tubes d’hydrogène comprimé. Dans ce cas, la couleur de l’hydrogène dépend du mode de production de l’hydrogène, du pays dans lequel il a été produit et du mode d’acheminement. Il existe également des projets de stations centrales produisant l’hydrogène par électrolyse et stations satellites dans lesquelles l’hydrogène produit par les stations centrales est acheminé.

Dans le cas d’Atawey, les stations compactes peuvent intégrer un électrolyseur.

Conclusion

Les différentes couleurs de l’hydrogène incarnent l’évolution des méthodes de production vers une énergie plus respectueuse de l’environnement et la nécessité de développer les solutions de production d’hydrogène bas carbone et décarboné.

Alors que les sociétés se mobilisent pour réduire leur empreinte carbone et adopter des sources d’énergies plus propres, la demande d’hydrogène vert dépasse actuellement l’offre. C’est notamment pour cette raison que la molécule d’hydrogène vert coûte plus cher que la molécule d’hydrogène gris.

Les investissements en temps et en financements représentent donc un enjeu crucial dans le développement des technologies de production et seront déterminants pour les années à venir.